L’AGEFI, Procédé fluidique transféré du medtech à l’horlogerie
19/08/2013

Procédé fluidique transféré du medtech à l’horlogerie

LUNDI, 19.08.2013

Preciflex. L’entreprise active dans les systèmes microfluidiques cède sa technologie à une marque de montres.

Tiago Pires

Spécialisée dans les systèmes microfluidiques, la start-up Preciflex basée à Bienne propose un catalogue d’offres original. Créée en 2010 par Lucien Vouillamoz, inventeur de la mesure du temps à base de microfluides, Patrick Berdoz, l’actionnaire principal, et Emmanuel Savioz, la société s’illustre particulièrement dans l’horlogerie et le médical. «Le projet a démarré en 2007, explique Patrick Berdoz. Lucien Vouillamoz m’a contacté pour me présenter sa technologie. A prime abord, il était difficile de définir son potentiel. Comme j’ai une affinité particulière dans le domaine médical, nous nous sommes d’abord lancés dans ce secteur.»

Premier axe de développement, la technique des fluides est conjuguée à l’innovation de la micro-injection. Preciflex développe un projet médical d’administration indolore dans le sang sans avoir recours aux seringues, stylos ou pompes traditionnelles. Conçu sous forme de très petit injecteur-échantillonneur fixé sur la peau comme des patchs et communicant avec les smartphones du patient ou du praticien, il permet de collecter les données médicales et d’inoculer la dose de substrat requise. L’objectif est d’optimiser l’administration notamment dans le cas de diabète. «Nous pouvons imaginer le cas d’une mère qui peut être rassurée, par la réception d’un SMS lui indiquant que son fils diabétique a bien reçu la dose d’insuline requise.» Au-delà, le produit offre plusieurs autres avantages: la limitation des infections ou contaminations sanguines ainsi que les risques liés à la manipulation des aiguilles.

Ce projet médical est porteur mais difficile à commercialiser en raison des nombreuses réglementations à obtenir. «Les contraintes administratives et l’important capital d’investissement nous obligent à réfléchir au développement futur. Nous sommes dans une phase de levée de fonds et en discussion pour identifier des partenaires dans le software ou la pharma afin de développer le métier. En attendant, nous nous concentrons sur le secteur horloger.»

La marque HYT (L’Agefi du 14 mars 2012) a développé une montre hybride qui allie la technologie fluidique de Preciflex et la mécanique horlogère haut de gamme. Véritable succès de Baselworld, l’accessoire s’est distingué en remportant le prix de l’innovation de l’année 2012 au Grand Prix de l’Horlogerie de Genève. Forte de cette médiatisation, la marque HYT se révèle être une vitrine importante pour Preciflex. Ainsi, l’horlogerie permet de valider la technologie dans un segment de marché plus court que le médical. Pour donner un élan supplémentaire au cycle horloger, la direction a nommé Grégory Dourde, ex-Swatch Group, directeur général de la société en juin 2013: «Il est important de répondre à la demande du public. C’est pourquoi, nous devons accélérer le mouvement d’industrialisation.» L’objectif 2013 est la vente de 250 à 300 montres. Le modèle de base H1 se monte à 43.500 francs tandis que son équivalent haut de gamme s’évalue à 120.000 francs. En 2014, le but sera d’écouler 500 à 600 montres.

Avec cette technologie innovante brevetée et grâce à une équipe de spécialistes multidisciplinaires de haut niveau, la direction prospecte de nombreux secteurs. La société fonctionne selon un modèle d’incubateur. Elle vend la technique aux entités sœurs dont fait partie HYT. Par conséquent, l’utilisation du produit est diversifiée. «Les applications potentielles de la maîtrise du mouvement précis des microfluides sont riches et variées, explique Grégory Dourde. L’automobile ou d’autres secteurs de pointe pourraient en bénéficier.»

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